Quelques conseils pratiques pour

"l'approche d'une personne mourante"

par Sœur Annette Joseph

A EVITER

CONSEILLE

Visite en foule chez la personne mourante.

1 -2 personnes suffisent, mais se relayer si possible.

Lumière crue au-dessus du lit.

Lumière tamisée, éclairage indirect ; éteindre le plafonnier.

Rester à deux mètres de la personne mourante, s'asseoir sur son lit.

S'approcher, se mettre à son niveau ; s'asseoir sur une chaise à côté du lit.

Lui faire tourner la tête.

Se placer dans son champ visuel.

Lui broyer la main, bouger un bras perfusé.

Toucher avec précaution la main libre, la maintenir.

Presser trop fort le front.

Poser délicatement une main fraîche, un linge humide.

Déplacer la personne, même si elle le demande.

Proposer votre aide au personnel, surveiller la perfusion et avertir à temps.

Parler très fort, mais aussi chuchoter.

Un malade couché est très sensible au bruit ; une personne mourante entend jusqu'à la fin.

Poser des questions agressives au personnel.

Lui faire confiance, lui donner un mot gentil, lui dire merci.

Parler du malade aux soignants devant lui, même comateux.

S'arranger pour dialoguer avec eux ailleurs.

Rester pendant la visite du médecin ou pendant les soins.

Bon prétexte pour sortir et le questionner après la visite.

Insister si le médecin est pressé.

Demander un rendez-vous pour dialoguer avec lui.

Parler beaucoup, faire de longues phrases, attendre des réponses de la personne mourante.

Ecouter et observer, s'exprimer en courtes phrases, poser des questions simples auxquelles le malade peut répondre par oui/non ou par un geste.

Des compliments mensongers tel que « tu vas très bien ».

Etre vrai, mais avec tact et douceur.

Se vexer si la personne mourante ne réagit pas à nos propos.

Se souvenir qu'elle est lasse, peut-être dans l'incapacité de répondre, qu'elle a besoin de votre présence, de compréhension, d'être encouragée.

Laisser éclater son chagrin ou sa tension nerveuse devant le malade.

S'accorder des moments de répit, de repos.

Penser à soi, à sa propre peine.

Etre là pour la personne mourante.

Donner à manger (danger de vomissements, de contre-indication).

Avec accord, éventuellement apporter ce que la personne aimait, être présent aux repas, donner peu à la fois, laisser du temps au malade, ne pas le forcer à manger.

Donner à boire (danger d'étouffement, contrôle de la diurèse).

Avec accord, donner souvent de petites gorgées.

Mouiller les lèvres (gerçures).

Les enduire avec une bonne crème.

S'affoler devant une personne agitée.

Rester calme, essayer de rassurer.

Paniquer si la personne mourante émet sans cesse de nouvelles et multiples demandes.

Apprendre à discerner les vrais besoins (elle est peut-être angoissée devant la mort).

Visiter n'importe quand. Le malade est fatigué après la toilette et les soins du matin.

Visiter dans l'après-midi ou vers le soir (plus de lucidité) ; visites courtes.

Ces notes ont été prises lors d'une réunion de dames en novembre 1988, animée par Sœur Annette JOSEPH, diaconesse et responsable de l'aumônerie à la clinique BETHESDA à Strasbourg. Nous la remercions de nous avoir permis cette publication. L'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) a créé plusieurs œuvres remarquables sous le nom de BETHESDA ; en particulier à Strasbourg, l'hôpital BETHESDA, la clinique du Diaconat, une école d'infirmières, une maison pour personnes âgées.

© Servir en l'attendant N°5 Septembre-Octobre 1989. Tous droits réservés.
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