Quelques principes financiers vécus dans une CAEF

 

Servir en L'attendant

 Quelques principes financiers vécus dans une église C.A.E.F.

par François-Jean MARTIN

On m'a demandé de partager avec les lecteurs de SERVIR EN L'ATTENDANT, comment nous vivons la libéralité dans notre Eglise, non que ce soit un exemple parfait ... Notre Assemblée est née en 1982 par un processus d'essaimage de l'Eglise de la « Bonne Nouvelle » de Strasbourg. Les choses se sont mises en place au fil des années.

Principes des débuts

Dès le début de l'essaimage, lors de l'année de prière et de partage du petit nombre de membres de l'Eglise mère qui allait quitter pour fonder la nouvelle Eglise, nous avons voulu poser des bases saines et claires du travail pour l'avenir. Entre autres, malgré le budget modeste prévu par l'Eglise mère pour ce projet d'essaimage, l'équipe a décidé qu'un dixième au minimum irait à la mission. Notre objectif final était que le quart du budget de la future Eglise fût consacré à la mission.

Nos principes devaient être clairs et acceptés par tous. Un accent particulier fut mis sur le respect des règles légales et sur la communication à tous les membres des aspects financiers de la vie de l'Eglise : par exemple, tout leur est transmis par écrit.

Nous voulions que si des frères ou soeurs travaillaient à plein temps dans l'Eglise, leur salaire soit le salaire moyen des membres de la Communauté.

Nous récoltions là, les principes de notre Eglise mère qui nous ont beaucoup aidés.

Achat de nos locaux

Quand il devint nécessaire d'avoir nos propres locaux, nous pûmes acheter un ancien supermarché très bien placé, au milieu de la ville. La somme demandée, 550 000 F1; était correcte pour l'emplacement et les prix pratiqués. A cela s'ajouteraient les frais de rénovation qui doubleraient au moins l'investissement initial. Il nous parut indispensable de ne pas nous précipiter sans avoir pris ensemble un certain nombre de décisions, allant dans le sens de nos principes. Après avoir prié, réfléchi, partagé, les anciens ont fait des propositions à l'Eglise qui prit les engagements suivants :

Bien que la rénovation nous ait coûté encore 800 000 F4 l'Eglise n'a jamais eu à faire d'emprunt bancaire. Nos membres par leur travail, leurs dons et leurs prêts, nos Eglises soeurs et l'Entraide Evangélique ont permis cela. Certains de nos membres ont même fait des emprunts bancaires à titre personnel, ainsi, ce qui aurait bloqué la communauté pour 10 à 15 ans a pu être évité.

Les collectes n'ont pas diminué, et l'Eglise, après avoir fini de rembourser le prêt de l'Entraide a continué durant 2 ans à verser comme prévu.

Principes de gestion

Le budget de l'Eglise

« L'équipe pastorale » (c'est ainsi que nous appelons le groupe des anciens) proposa à l'Eglise plusieurs principes qu'elle a adoptés, fondés sur le verset de 1 Timothée 5.8 : Si quelqu'un n'a pas soin des siens, il est pire qu'un infidèle. Nous croyons que c'est d'abord et surtout à nos églises C.A.E.F de soutenir les oeuvres C.A.E.F. Elles ne le seront pas par les autres familles évangéliques. C'est notre devoir et notre privilège de le faire. S'il reste des possibilités, alors nous soutiendrons des œuvres inter-évangéliques ou d'autres familles. Aussi, nous décidâmes que pour la partie dons5, qui devait atteindre au minimum 25 % du budget global, nous donnerions une priorité aux œuvres de notre communauté, de nos Eglises Sœurs, de notre famille C.A.E.F (ASMAF, Entente Evangélique : serviteurs, Servir, Calendrier, Commission de Service et de Référence), puis que nous soutiendrions les œuvres auxquelles sont liés des membres de notre Eglise et qui donnent régulièrement de leurs nouvelles, et dont certains de leurs responsables ou envoyés nous visitent.

Nos soutiens devaient être des engagements sur plusieurs années : pas sous le coup d'une émotion ponctuelle, et pas de « saupoudrage » (voir article de J.-P Bory). Au début de chaque année, le trésorier comptable prépare tous les documents nécessaires à l'élaboration du bilan de l'année écoulée et du prévisionnel de l'année qui démarre. Ces documents sont transmis aux membres de la Commission Finances. Elle élabore le nouveau budget en tenant compte du réel de l'année écoulée, des années précédentes et des décisions de priorités prises dans les réunions de membres. Sa proposition est présentée en Conseil d'Eglise qui donne son avis et puis cela arrive à tous nos membres qui ensuite, en Assemblée Générale, tranchent et adoptent le budget.

Tout ceci peut paraître très administratif. Mais cela nous semble un bon témoignage de faire les choses dans l'ordre et le cadre légal.

De plus, nous essayons de bien faire comprendre aux membres les enjeux spirituels et l'engagement que leurs choix et leur vote représentent. Le montant des offrandes est affiché dans notre salle de culte mois par mois sur un graphique, pour que chacun puisse réaliser la situation et se souvenir de ses engagements.

Le soutien de nouveaux serviteurs

II y a quelques années, nous avons réfléchi dans le « Conseil Pastoral » aux propositions faites aux Conférences Nationales des C.A.E.F (voir Servir en l'attendant N° 6 -1989, N° 1 et 2-1990) puis informé l'Eglise. Elle a en particulier adopté l'idée, pour ceux qui le souhaitaient, de donner 1 F par jour et par membre pour de nouveaux serviteurs en France. Ceci bien sûr, en plus de nos offrandes habituelles. Un frère dont c'est le don et le métier a construit un tronc en forme de carte de France, des pastilles signalant l'emplacement des postes de nouveaux serviteurs. Ce tronc est placé au fond de notre salle. Nous prions pour eux en réunion de prière et demandons de leurs nouvelles. Nous essayons aussi de les voir (soit en les invitant soit en les visitant). Un peu plus d'un tiers de nos membres sont engagés ainsi depuis des années.

Imaginez qu'un tiers des membres des C.A.E.F vivent cela (prenons 100 assemblées de 45 membres en moyenne) : on obtiendrait 1500 F par jour, soit 45 000 F par mois, de quoi soutenir 3 couples de serviteurs. Si tous nos membres le faisaient, plusieurs couples pourraient être envoyés. C'était justement le défi lancé.

Nous soutenons aussi depuis des années les maisons de formation (instituts et faculté). Nous participons ainsi à la mission et à l'évangélisation, au-delà de nos frontières ecclésiales. Un autre soutien constitue des bourses pour des étudiants des C.A.E.F. De même, nous leur accordons chaque année deux bourses pour qu'ils puissent assister aux Conférences Nationales. Ainsi, ils se font connaître et ils connaissent mieux leur famille spirituelle.

Conclusion

Toutes les communautés n'ont pas notre taille (~ 85 membres), ni nos possibilités, mais les principes peuvent, à la mesure des réalités de chacun, se vivre ou s'adapter (voir dans ce même numéro de SERVIR le texte « Le quart de sou » p. 16).

Je suis persuadé que quand les finances d'une Eglise sont prises sérieusement en compte par tous les membres d'une communauté, il y a de réelles possibilités spirituelles et des bénédictions.

F-J.M.

NOTES

1 Environ 84000€

2 Environ 61000€

3 Environ 91500€

4 Environ 122000€

5 L'association culturelle ne permet pas légalement de faire des dons, elle ne s'occupe que de faire fonctionner le culte de l'Eglise, aussi avons-nous créé une association de bienfaisance et d'entraide pour être dans le cadre légal.

© Servir en l'attendant. Article tiré du N°5 Septembre-Octobre 2000.
Site www.caef.net des C.A.E.F., Communautés et Assemblées Evangéliques de France.

Sommaire   -   Nous contacter