Servir en L'attendant

S'approcher de Jésus

par François Blum 

Pour une personne de confession Israélite, s'approcher de Jésus n'est pas une chose très simple, avec toutes les craintes et les préjugés qui sont attachés à Son nom. L'histoire ancienne et récente n'aide pas une telle personne à accepter Jésus comme Seigneur et Sauveur.

Je suis né dans une famille juive, enracinée dans le sud de l'Alsace bien avant le début du 19e siècle.

Ma famille, qui aspirait à être totalement intégrée dans notre pays et dans sa culture respectait cependant les traditions juives et me les a enseignées, sans tomber dans une religiosité excessive. Nous pratiquions les fêtes principales, mais il n'y avait pas de réelle crainte de Dieu : nous ne parlions pas de lui en famille, probablement par méconnaissance des Ecritures.

Comme tous les enfants juifs, j'ai suivi l'enseignement religieux hebdomadaire, jusqu'à ma Bar-Mitsvah1, mais je dois dire que c'était plutôt pour faire comme ma famille et mes copains. C'était une formalité à accomplir. Nous fréquentions la synagogue uniquement lors des grandes fêtes, 5 ou 6 fois par an, et, pour ma part, j'y allais sans zèle.

II m'arrivait cependant de me demander pourquoi les chrétiens reconnaissaient Jésus comme leur Dieu, et pas les juifs, alors qu'on me disait qu'il était né juif. L'agressivité ou les moqueries, même humoristiques, des personnes que je côtoyais ne m'apportaient pas de réponse

Après mes études j'ai commencé à travailler. Lors d'un voyage de vacances, les questions sur les juifs posées par celle qui est devenue mon épouse éveillèrent mon intérêt et ma recherche. Je fus son premier champ d'évangélisation. Faisant ses premiers pas avec Jésus, elle avait à cour de comprendre qui était le peuple d'Israël.

Ses questions au sujet du peuple juif et sa place dans la Bible me laissaient sans réponse. Je ne savais pas non plus pourquoi ce « Jésus » était rejeté par les miens avec tant de vigueur. J'ai ainsi pu entendre pour la première fois des versets prophétiques de l'Ancien testament qui mettaient en évidence la divinité de jésus, ce qui m'interpellait naturellement. J'ai pu sentir pour la première fois que le fossé entre les juifs et les chrétiens avait été creusé par les hommes, mais que cela n'avait pas été la volonté de Dieu.

La lecture de la Bible fut pour moi le véritable révélateur. J'ai découvert petit à petit les évidences de l'accomplissement des prophéties et des promesses de Dieu en jésus, et j'ai compris que la réconciliation avec Dieu ne pouvait être réalisée que par jésus, celui que mon peuple avait rejeté.

Lors d'une réunion d'évangélisation à laquelle j'avais assisté, l'orateur, d'origine indienne, a témoigné de sa conversion à Jésus. Je me suis senti dans la même position que lui : il était originaire d'une culture non-chrétienne, seul au milieu de chrétiens et il avait du réellement parcourir un chemin particulier pour reconnaître et accepter Jésus comme son sauveur personnel.

J'en étais étonné, et cela fut pour moi une révélation de plus. Comme je travaillais à Paris, je me suis joint à un groupe d'études bibliques, tout en continuant ma recherche personnelle par la lecture de la Bible. Le témoignage de vie et de joie avec jésus des membres de ce groupe m'étonnait beaucoup.

Des versets de la Bible continuaient à me parler, comme Jn 8.12, : Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. Ou alors Jn 10.27, : Mes brebis entendent ma voix ; je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Finalement, j'ai lu Apocalypse 22.2 : Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations.

Cette vision de l'arbre de vie, vie fructueuse et éternelle, promise à ceux qui ont reçu en jésus le pardon de leurs péchés, me donnait la certitude d'avoir trouvé ce que je cherchais : jésus était bien le messie, tant attendu par Son peuple. J'ai accepté avec joie ce salut qu'il m'avait promis à la Croix.

Je suis heureux de le servir, dans la limite de mes forces, depuis plus de vingt ans maintenant. Je souhaite naturellement qu'Il se révèle aussi à ceux du peuple d'Israël qui ne le connaissent pas encore, pour les remplir de Sa joie et de Sa paix.

F.B.

Note1 : Bar Mitzvah (lit. fils du commandement) : à l'âge de 13 ans le garçon récite par cour un texte de la Torah dans la Synagogue ; dès lors il est considéré comme adulte et peut faire partie du Minyan, groupe de 10 hommes nécessaires pour constituer la prière officielle à la synagogue.

© Servir en l'attendant. Article tiré du N°4. Juillet-Août 2003. Tous droits réservés.
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